Résilience: Une nouvelle expression à la mode? Discussion sur les différences entre les études de Risque et de Résilience.

Résilience: Une nouvelle expression à la mode? Discussion sur les différences entre les études de Risque et de Résilience.

Mar 30th, 2012

 Commençons par nous demander si notre livre Improving Sustainability through Reasonable Risk and Crisis Management, F. Oboni, C. Oboni,ISBN 978-0-9784462-0-8, 2007 aurait pu s’apeller «Improving Resilience through Reasonable Risk and Crisis Management»? Notons d’emblée que certains auteurs considèrent que Risk Assessment/Risk Management sont le premier pas vers une étude de Résilience, et restent au cœur de toute tentative d’accroitre la Résilience d’un système. Notons aussi que les méthodes que Riskope déploye depuis des années auprès de nos clients couvrent les risques et les crises, et que nous incitons toujours nos clients à mettre en place des études de crises/redémarrage après catastrophe, suite aux résultats des études de risque.

 Après avoir lu une abondante littérature en la matière, il apparaît que une première grande différence entre une étude de mitigation des risques «classiques» (dans le sens de courantes) et une étude d’accroissement de la résilience «pure» (dans le sens de “extrême”) réside dans le fait que la deuxième ne viennent pas chercher dans le détail les causes des résultats négatifs contre lesquels on désire se protéger.

 Cela paraît cependant assez simpliste, tel que démontré dans l’exemple suivant: supposons que l’objet d’analyse soit un ship-loader minéralier et que la métrique du risque soit l’interruption de service (BI). Dans une étude de risque on cherchera à évaluer les probabilités d’occurrence de certaines BI et on formulera des scénarios capables de les produire en vue de les gérer au mieux avec des mesures de réduction du risque. Dans une étude d’accroissement de la résilience on définira ce qu’il faudrait faire pour réduire les impacts d’une BI d’une certaine entité (par exemple de plus de 1000 heures), sans se soucier de la cause. Bien entendu, sans savoir ce qui a provoqué ces 1000 heures de BI, il est difficile d’imaginer comment se protéger! Si la cause était par exemple un incendie, donc un effet localisé qui a laissé toute l’infrastructure civile adjacente intacte, le cas serait très différent que s’il s’agissait d’un tremblement de terre majeur, ou d’un accident nucléaire!

 La seule «excuse» pour justifier le recours à une étude d’accroissement de la résilience au lieu d’une étude de mitigation des risques serait celle d’avoir une alternative étudiée et implémentable au cas ou un événement de probabilité d’occurrence considérée d’emblée négligeable frapperait le ship-loader. Ceci mettrait à l’abri l’utilisateur de la tendance «universelle à l’optimisme» dans l’estimation des probabilités. Le cheminement logique suivi d’étude de mitigation des risques est celui de définir des scénarios et de pousser le raisonnement jusqu’à think about the unthinkable…, où par unthinkable on entend des évènements qui ont une probabilité -p- à la limite de la crédibilité (10-5 (un sur cent mille) à 10-6 (un sur un million)).

Les études d’accroissement de la résilience «pures», par contre contournent ce pas de formulation des scénarios et regardent juste aux possibles dommage (Conséquences -C-) dus à une «catastrophe» non spécifiée; ils se placent donc à MaxC, avec p à la limite de la crédibilité (10-5 à 10-6) sans se soucier du scénario qui aurait pu amener à ce stade….astéroïde, attentat terroriste, etc. Ce faisant les études d’accroissement de la résilience évitent de se fier d’estimations des probabilités peu correctes, qui pourraient donner une fausse impression de précision. Elles regarderont aux conséquences majeures et discuterons comment les éviter, plutôt que de se laisser guider par des scénarios.

 Si d’un côté une telle approche paraît très prudente, de l’autre il est possible qu’elle amènerait éventuellement à des coûts de gestion supérieurs «injustifiés», et quasi certainement à une allocation de fonds biaisée, par rapport à une étude de mitigation des risques qui tienne compte des probabilités d’occurrence.

 Les études d’accroissement de la résilience qui paraissent donc suivre un chemin plus pondéré analysent les dangers, développent une liste de scénarios possibles, définissent p,C pour chaque scénario, puis biaisent, apparemment, pour s’occuper des petits p/grands C uniquement.

 On peut conclure sur cette base qu’une étude d’accroissement de la résilience et étude de mitigation des risques sont quasi identiques, sauf pour la phase de priorisation des risques et de prise de décision/plan d’action. Naturellement, comme cela est déjà dans la pratique de tous les jours, l’étude de mitigation des risques tiendra compte de contrôles et mesures mitigatives qui sont déjà en place dans le système (NB: en effet, ces contrôles et mitigations constituent déjà part de la résilience).

 Mais la résilience complète est définie comme:

.the capacity to maintain continuity of activities even in the face of threats, disaster, and adversity….

 ..donc une étude d’accroissement de la résilience doit formellement inclure des éléments qui font déjà partie de la bonne gestion comme  Business Continuity Plans, Business Resumption Plans, Distaster Recovery Plans, etc…

 Ces points ayant été clarifiés, la question première reste encore ouverte: que distingue une étude de mitigation des risque d’une étude d’accroissement de la résilience?

 Dans la pratique journalière de Riskope (www.riskope.com ) des études, portant par exemple sur des nœuds logistiques (infrastructures critiques) tels que des ports minéraliers, des études de risque tournent systématiquement du côté de l’étude de résilience car, en cas de catastrophe frappant le nœud, il est fondamental de garantir la continuité des opérations avec des solutions alternatives. On oserait même dire qu’une bonne étude de Gestion des Risques doit forcement déboucher sur des solutions visant à l’accroissement de la résilience afin d’éviter de faire recours massif et trop onéreux à des contrat d’assurance. Notons en passant qu’une industrie frappée par une catastrophe, et incapable de réagir, donc avec peu de résilience, verra son image ternie peut-être à tout jamais!

Ce point de vue est aussi soutenu par des autres groupes de professionnels/chercheurs, tel que, par exemple http://www.cmcc.it/research/research-projects/concluded-projects/freeman , T. Mitchell and K. Harris, Resilience: A risk management approach, ODI Background notes, Jan 2012; S. McManus et Al., A Framework for Assessing and Improving the Resilience of Organisations, Resilient Organisations, New Zealand, Research Report 2007/01.

 A ce point notons encore qu’aucun des éléments cités ci-dessus (Business Resumption Plans, Distaster Recovery Plans, etc.) ne changera pas le coût des conséquences immédiates d’un événement, mais que sa durée peut être fortement influencée par des plans bien faits, ce qui entraine une diminution de -C-. Notons aussi qu’aucun des éléments ci-dessus ne change -p-.

 Alors, en fin de compte il n’est pas vraiment nécessaire inventer de nouveaux mots à la mode pour résoudre des problèmes que nous savons résoudre depuis bien longtemps!

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Category: Hazard, Mitigations, Probabilities, Risk analysis, Risk management

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